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Pénurie de la méthadone au centre d'addictologie de Tétouan

  • 01 mai 2015

  • Par : pharmapresse

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Plus de 50 jeunes toxicomanes ont protesté la semaine dernière devant le centre d'addictologie de Tétouan contre le manque de la méthadone , médicament utilisé comme traitement de substitution à l'héroïne.

Selon des témoins et des sources médicales, le centre ne peut pas répondre aux besoins de ces malades en méthadone ,seulement une soixantaine de toxicomanes bénéficient de cette prise en charge, alors que la liste d'attente dépasse les mille personnes . Une logique de favoritisme dans le traitement de centaines de toxicomanes par l'ingérence extérieure qui rend la distribution de ce médicament inéquitable entre les malades. La même source a souligné que certains médecins ont déjà menacé de quitter ce centre en raison de leur exposition aux pressions pour fournir des toxicomanes en traitement au détriment d'autres. Le centre d'addictologie de Tétouan souffre de nombreux problèmes, tant au niveau du médical ou psychologique. Le personnel médical ne dépasse pas trois médecins, dont un psychiatre et six infirmières, comparativement à des milliers de toxicomanes qui viennent au centre.

La consommation de drogues au Maroc prend de l’ampleur, selon une étude effectuée par l’Observatoire national des drogues , la prévalence de la consommation de drogues, toutes substances confondues, et de la dépendance auprès de la population âgée de plus de 17 ans s’élève à 4,2%. Cela signifie qu’au Maroc, près de 800 000 personnes seraient addicts aux substances illicites. Et c’est sans compter le nombre de consommateurs occasionnels. Selon l'ALCS (Association de Lutte Contre le Sida) l’héroïne vendue au Maroc est en grande partie d’origine afghane et le pavot à opium est cultivé spécialement à Helmand. Cette drogue traverse des dizaines de milliers de km à travers l’Europe, fait escale en Turquie ou en Albanie, avant d’atterrir à Sebta. Elle est alors traitée dans des laboratoires pour en faire des « papelas » : des doses d’héroïne emballées dans du papier.

Il est à noter que c'est grâce au Pr Jallal Toufiq, psychiatre spécialisé dans la toxicomanie et directeur de l’Observatoire national des drogues que le Maroc avait intégré les centres d'addictologie dans les structures de la santé . Au milieu des années 1990, c’est lui qui a alerté les pouvoirs publics quant à la réalité sur le terrain. Il a été le premier à présenter des études épidémiologiques sur la consommation de drogues au Maroc et à solliciter l’aide des bailleurs de fonds internationaux, à l’instar de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Conseil de l’Europe.