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Loi de finances 2015 n'augure rien de bon pour la santé des Marocains!

  • 01 mar 2015

  • Par : pharmapresse

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Le budget alloué à notre santé dans la loi de finances pour l'année 2015 n'exprime pas les aspirations des marocains à un accès de soins équitable et généralisé. En effet, dans le " Budget Citoyen " 2015 du ministère de l'économie et des finances, le budget du ministère de la santé pour cette année n'a subi aucun changement significatif par rapport à l'année précédente 13,09 milliards de dirhams contre 12,91 milliards de dirhams en 2014 soit une progression très infime qui ne dépasse pas les 1,39% !! un chiffre qui représentent à peine 6,2% du PIB, soit un niveau inférieur à celui de la moyenne des 194 pays membres de l’OMS qui est de 6,5% (Ces dépenses sont aussi deux fois moindre qu’en Tunisie et six fois moindre qu’en Jordanie. ).Le paradoxe dans cette loi de finance , c'est qu'elle ne contient pas de mesures spécifiques en faveur du RAMED ( Régime d'Assistance Médicale) en terme de financement sauf l'aide du fonds d’appui à la cohésion sociale qui ne dépasse pas les 4 MMDH , somme très insuffisante pour une prise en charge de plus de huit (8) de Marocains.

La valeur du budget alloué à notre santé ne nous garantit pas que le droits aux soins est assuré et ne permet pas de prédire l'avenir de notre système de santé conformément à la constitution votée le 1er juillet 2011,dans laquelle le droit à la santé est explicitement consacré notamment à travers son article 31 qui stipule que « L’État, les établissements publics et les collectivités territoriales œuvrent à la mobilisation de tous les moyens à disposition pour faciliter l’égal accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir des droits : aux soins de santé, à la protection sociale, à la couverture médicale et à la solidarité mutualiste ou organisée par l’État.

En plus de cela , le Maroc s’est engagé à réduire, à l’horizon 2015, de trois quarts la mortalité maternelle et de deux tiers la mortalité des enfants de moins de 5 ans pour les faire passer respectivement de 332 à 83 décès pour cent mille naissances vivantes, et de 76 à 25 décès pour mille naissances vivantes .

Aujourd'hui au Maroc, la difficulté d'accéder aux soins se trouve aggravée par une inégale répartition géographique entre milieux et entre régions. Les écarts de densité sont importants non seulement entre les régions sanitaires mais aussi au sein de la même région. Bien plus, la distribution régionale des professionnels de santé favorise largement les régions métropolitaines. En effet, 22% des professionnels publics, sont concentrés dans les régions du Grand Casablanca et de Rabat-Salé ZemmourZâer ; c’est aussi dans ces deux régions que sont installés 50% des médecins exerçant dans le secteur libéral.

D'après le " Budget Citoyen " , au titre de l’année 2015, il est prévu la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie de la santé 2012-2016, et ce à travers:

• L’extension de la couverture médicale de base

. • La poursuite des actions menées dans le cadre du plan de réduction de la mortalité maternelle et infantile.

• La mise en œuvre de la stratégie de la santé reproductive et la promotion de la santé des populations à besoins spécifiques.

• La mise en œuvre d’une stratégie nationale de veille et de sécurité sanitaire et la prévention et la lutte contre le cancer

. • La poursuite des actions nécessaires pour la mise en œuvre du plan national pour la prise en charge des urgences médicales, et la mise à niveau des hôpitaux .

• Le renforcement de l’achat des médicaments et des dispositifs médicaux pour les besoins des programmes de santé. Il est vrai que, sur le papier cette stratégie est irréprochable , mais malheureusement elle sera difficilement exécutable vu le maigre budget alloué à cette effet .On est déjà à la fin de la douzième partie de cette stratégie de la santé 2012-2016 et il ne faut malheureusement pas s'attendre à une grande amélioration de notre système de santé , je crains que les principaux indicateurs de la santé ne soient pas bons ni d'ici la fin de l'année 2015 ni même pour les années à venir, car selon le dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le secteur de la santé au Maroc, le système de financement de la santé au Maroc fondé sur une couverture médicale de base devrait faire face à l’explosion de la facture des soins due aux coûts de la prise en charge des Affectations de longue durée (ALD) car le Maroc connaît une transition épidémiologique avec un transfert de la morbidité due aux maladies transmissibles et aux problèmes de la période périnatale vers les maladies non transmissibles (MNT) et les traumatismes. En d’autres termes, les Marocains meurent moins d’une fièvre ou de la tuberculose que d’un cancer, d’une insuffisance rénale ou d’un diabète, d'ailleurs les dépenses liées aux ALD ont représenté 51% des dépenses globales de l’AMO, en 2012, bien que ne concernant que 3,3% des assurés . Donc les maladies chroniques représentent le défi majeur auquel est confronté le système de la couverture médicale de base.