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Les Hôpitaux Marocains menacés de faillite : cas de l'Hôpital de Meknès

  • 01 mar 2016

  • Par : pharmapresse

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Selon des spécialistes de gestion des hôpitaux et des syndicats de professionnels de santé,  de nombreux hôpitaux marocains seraient au bord de la faillite ou de la cessation de paiement s'ils étaient des entreprises ordinaires.

En effet, la gestion du RAMED qui représente une charge supplémentaire très importante pour les hôpitaux est confrontée à des contraintes majeures, notamment celles liées au financement.

Le financement est assuré actuellement par l'État en grande partie, les collectivités et par les personnes en situation de vulnérabilités (120 Dhs/an). Or le financement de l'État n'arrive pas ou arrive au compte-gouttes, ce qui fragilise encore plus la maigre trésorerie des hôpitaux du Maroc.

Le problème de la prise en charge des Ramédistes a resurgi de nouveau après le passage, la semaine derrière,  de l'Inspection générale des Finances pour enquêter sur la défaillance de la caisse de l'hôpital Mohamed V. Selon des cadres de cet hôpital, depuis que le Ramed est opérationnel, ces hôpitaux sont pris à la gorge. Cette situation financière très critique a pris de l'ampleur puisque l'hôpital n'a pas reçu ses subventions relatives aux prestations de soins fournies aux affiliés du régime Ramed sachant que le revenu de l'hôpital Mohamed V supporte aussi les charges de soins de ses 4 autres établissements.

Les hôpitaux de Meknes sont tenus de recevoir aujourd'hui des milliers de patients bénéficiant du RAMED et de leur fournir des soins médicaux gratuits, sans aucune compensation financière. Ces hôpitaux sont en état d’asphyxie par exemple les revenus de l'Hôpital de Sidi-Saïd qui dispose de plusieurs blocs (Les urgences, L’accouchement, le bloc obstétrique, pneumologie, radiologie et un laboratoire  d’analyses) n’a pas dépassé les 1600 dirhams  pour la période du 4 au 10 Février et ses revenus annuels sont à l’ordre de 30 millions de centimes. Les revenus de l’Hôpital Moulay Ismail ne dépassent pas 90 millions de centimes, ils étaient de 200 millions de centimes avant l’arrivée  du système Ramed.

De plus, l’Hôpital  Mohammed V supporte des charges de ses cinq hôpitaux qui lui sont rattachés, à savoir :

• 500 millions de centimes pour la dotation de nutrition

• 90 millions de centimes  pour la dotation  de l'oxygène et de protoxyde d'azote

• 95 millions de centimes pour l'achat des dispositifs médicaux du laboratoire.

• 59 millions de centimes des charges des laboratoires de l’Hôpital Sidi Saïd, Pagnon et Mohammed V.

• 343 millions de centimes  pour le service de sécurité du CHU de Meknès

• 83 millions de centimes  relatifs au traitement des déchets médicaux

• 222 millions de centimes relatifs à l’hygiène du CHU.

• 37 millions de centimes pour l’achat des fournitures du bureau.

• 1 milliard de centimes pour les consommations de l’électricité et de l’eau.

Par ailleurs, un rapport réalisé l’année dernière par le réseau marocain pour le droit à la santé (RMDS) a révélé que le système de couverture médicale gratuite «RAMED» pousse des hôpitaux vers la faillite. Selon ce rapport, une grave crise financière toucherait plusieurs hôpitaux publics en particulier les centres hospitaliers universitaires (CHU). Les soins dispensés par les CHU aux patients bénéficiant du RAMED ont représenté un manque à gagner de l'ordre de 10 milliards de dirhams durant l'année 2014, ce manque va augmenter encore plus durant l'année 2016. La raison en est que ces hôpitaux sont tenus de recevoir aujourd'hui des milliers de patients bénéficiant du RAMED et de leur fournir des soins médicaux gratuits, sans compensation financière de la part de l'État. L'hôpital est un prestataire de services. Il prodigue des soins et doit recevoir de l'argent en contrepartie comme c'est le cas dans tous les pays.