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Le ministre de la santé épinglé par de graves révélations.

Mauvaise gestion, mauvaise gouvernance, corruption rampante, un secteur public hiérarchisé et cloisonné, une pénurie en personnel, état déplorable des structures sanitaires, grandes disparités dans sa répartition, des prix des médicaments anormalement élevés, un système de stockage et de distribution des médicaments inefficaces, et la liste est longue. C’est la radiographie du secteur de la santé faite ce mercredi 15 février à Rabat  par le réseau marocain pour le droit à la santé.

Ce rapport, d'une centaine de pages, dresse un bilan sombre sur notre secteur de santé. C’est un état des lieux qui met à néant le bilan d’El Houssaine Louardi, ministre de la Santé, qui n’a pas cessé depuis son investiture de multiplier les effets d’annonce afférents à la mise en place d’une nouvelle politique de santé.

Un grande partie de ce rapport est réservée aux structures sanitaires en particulier les hôpitaux. En effet selon le rapport, au moins sept hôpitaux sur dix, à travers le pays, ne sont pas en condition de recevoir les patients et encore moins de les soigner. La situation est encore plus grave lorsqu’il s’agit des centres spécialisés en psychiatrie et maladies mentales. Conséquences de cette situation, la pire qu'aient connue les hôpitaux au Maroc sur ces cinq dernières années, a fait reculer tous les indicateurs classiques du système de santé. Pire encore, la dégradation des structures d’accueil dans les hôpitaux publics et en l’absence d’une stratégie de mise à niveau de ces derniers , les médecins préfèrent démissionner et rejoindre le secteur privé. Rien que sur les cinq dernières années, 200 médecins ont claqué la porte, dont 90 pour le seul CHU Avicenne de Rabat.

Le rapport indique que seuls les citoyens en situation précaire, notamment ceux détenant la carte du RAMED, continuent à fréquenter les hôpitaux publics. Ainsi, ils ne sont plus que près de 5% de la population, qui n’a d’autres moyens que de solliciter l’assistance médicale publique, alors que 95% des personnes ayant une mutuelle ou une assurance, préfèrent les services des cliniques privées.

De graves révélations :

Ce rapport a consacré une place importante à "la corruption dans le secteur de la santé " qui a atteint" un niveau sans précédent ": faiblesses des mécanismes de transparence et de responsabilisation qui se manifestent par du pillage, d’extorsion de fonds publics, transactions suspectes…etc. Parmi les  manifestations de la corruption révélée par ce rapport :

  • Le transfert de 100 milliards de centimes de fonds publics aux comptes de deux sociétés pour l’achat de matériel médical, dispositifs médicaux, scanner,  résonance magnétique et examen d'imagerie, avec des prix plus élevés sue dans les pays européens.
  • L’achat d'un hôpital mobile avec 10 milliards de centimes, alors que le prix réel ne dépasse pas 3 milliards de centimes malgré les offres reçues par le ministère pour l'acquisition d'un hôpital mobile à un moindre coût.
  • Location de quatre hélicoptères médicaux à 600 millions de centimes par an plus 500 millions de centimes par an comme frais de gestion de cette forme d’assistance. Ces énormes dépenses poussent le réseau marocain pour le droit à la santé à poser les questions suivantes : combien de patients qui ont été transférés et sauver par ces hélicoptères Quel est le coût réel du transfert du patient? Quel est l'état d'urgence sanitaire? Quels sont les critères pris pour transférer les patients? Quel est le sort de ces patients?
  • Achat de 100 ambulances à un coût de 340 millions de centimes, tandis que le prix réel ne dépasse pas 150 millions de centimes, en plus, il est impossible de les utiliser par le ministère de la santé en raison de leur grande taille, et qui exige que les conducteurs doivent avoir un permis de conduire de la classe" B ".

Il est à noter qu’aussi bien les experts, les professionnels de la santé que le citoyen lambda, s’accordent à dire que le secteur est fortement marqué par bon nombre de dysfonctionnements préjudiciables et un accès verrouillé aux soins pour le plus grand nombre de citoyens. Certes, beaucoup d’efforts ont été déployés mais ils demeurent en deçà des ambitions.